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Quelques principes pédagogiques pour l'enseignement d'une langue vivante à l'école élémentaire


La place de l'enseignement des langues vivantes a été réaffirmée dans les programmes de l'école.

Vous trouverez dans cette page des principes prépondérants pour favoriser un apprentissage à la fois vivant, pratique et concret des langues étrangères

La primauté de la communication et du sens

S'il est d'usage de dire que l'élève « apprend une langue vivante », il est intéressant de garder à l'esprit qu'en fait il est plutôt en train d' « apprendre à communiquer » dans cette langue vivante. C'est ainsi que la véracité des situations de communication doit primer sur toutes les autres considérations. Au cycle 3, les élèves commencent à comprendre que la langue qu'ils étudient est utilisée dans toutes les situations par les personnes qui la parlent - y compris des enfants de leur âge, mais il reste nécessaire de s'assurer que la langue n'est pas perçue comme une sorte de code secret. Il est donc intéressant de donner à voir au moins autant qu'à entendre des locuteurs natifs qui utilisent la langue enseignée. Le recours à des films en VO, à des enregistrements d'émissions sous-titrées, à de courts enregistrements vidéo trouvés sur Internet, sont autant d'occasions de montrer à l'élève que les efforts qu'il fournit pour apprendre une langue étrangère lui seront utiles dans des situations authentiques et qui peuvent le concerner au premier chef. Cette observation de locuteurs natifs est également l'occasion d'éveiller la curiosité sur les faits de civilisation qui passeront sans doute par la découverte de certains stéréotypes : si tous les petits anglais ne prennent pas d'eggs and bacon à leur petit déjeuner, les élèves seront toutefois intrigués par des habitudes alimentaires différentes des leurs et néanmoins typées. Tout est affaire de dosage dans l'utilisation de ces documents authentiques. Il est à remarquer qu'au moins pour l'étude de l'anglais il sera possible de trouver beaucoup plus aisément des documents montrant bien la diversité culturelle des membres des différentes communautés qui vivent dans les pays anglophones, ce qui éloignera d'autant le danger du stéréotype. Le recours au dessin animé est moins intéressant : il fait en effet disparaître les repères utiles que les enfants peuvent prendre sur les lèvres de leur interlocuteur.

La mise en place en classe d'activités complexes

L'apprentissage d'une langue étrangère est un processus long, complexe, qui implique totalement l'individu (effort de décentration, sensation de s'entendre parler avec une voix différente, gestion de son corps et de ses inhibitions). Les séances d'enseignement de la langue ont par essence quelque chose d'artificiel, puisque les élèves et leur enseignant vont s'exprimer pendant une durée limitée dans une langue qui n'est pas la leur. Il est inutile de tenter de cacher cette réalité aux enfants par quelque artifice qui viendrait surcharger encore le dispositif ; c'est ainsi que le recours à des prénoms d'emprunt dans la langue étudiée ne s'impose pas vraiment. De même il est très difficile d'imaginer qu'une séance entière se déroule dans la langue étrangère, c'est à dire sans avoir recours aux aides ou au guidage qui s'imposent en français - pour ne pas parler de la mise en perspective des apprentissages visés. Tous ces phénomènes doivent être rendus explicites : pour cet enseignement comme pour tous les autres enseignements de la classe, l'élève doit comprendre ce qu'il doit faire pour parvenir à progresser. C'est ainsi que les notions abordées, qu'elles soient culturelles, lexicales ou syntaxiques, peuvent être introduites de façon très simple en début de séance. De même un bilan d'une séance d'enseignement de langue vivante se situe au double niveau des apprentissages réalisés au cours de la séance, mais également des processus mis en œuvre pour parvenir à ces apprentissages.

Le rôle particulier du rebrassage

L'apprentissage de la langue nécessite des reformulations répétées afin de permettre une mémorisation effective, et, pour certains éléments de langue particulièrement courants, une automatisation et une grande aisance de diction. Cette « mise en langue », mais on pourrait presque parler de « mise en bouche » est donc d'une très grande importance. Elle ne peut se limiter à des répétitions à l'identique pour tous les élèves de la classe, qui peuvent dans certains cas relever de la ritualisation du début de la séance. Le rebrassage doit davantage être considéré comme un moment de la séance au cours duquel de façon simple, rapide, vivante, le plus grand nombre possible d'élèves réutilisent, si possible en les réagençant, des structures syntaxiques simples. La variation de l'ordre des questions, l'introduction d'un énoncé un tant soit peu modifié, la transformation grammaticale d'une question posée, qui demande par exemple à l'élève quel est l'âge de son voisin plutôt que son âge à lui, sont autant de variables qui permettent un rebrassage actif et déjà ancré sur les apprentissages plus complexes qui vont suivre. Le rebrassage est également utile pour la mobilisation d'un vocabulaire déjà acquis, les phases de mémorisation relèvent d'une toute autre logique. Il est indispensable de procéder périodiquement à des évaluations des acquis des élèves. Le repérage de contenus auxquels les élèves peuvent accéder de façon automatisée doit conduire à une évolution nette de cet enseignement au cours du cycle. « La progression tient compte de la nécessité de prévoir la reprise systématique des acquisitions antérieures, dans des mises en situation et des combinatoires diverses, des synthèses et des évaluations régulières ainsi qu'un rythme d'alternance des activités adapté à la capacité de concentration des élèves » (Documents d'accompagnement des programmes, Anglais, Cycle 3, CNDP août 2002, page 7)

L'organisation de cet enseignement dans les classes à plusieurs cours

L'enseignement d'une langue vivante dans une classe à plusieurs cours soulève des difficultés dans le domaine de l'organisation de la classe et dans le domaine pédagogique. Il n'est pas très facile d'agir sur l'organisation de la classe, à moins de pouvoir mettre en place des groupes en fonction des années du cycle - mais qui risqueraient d'ailleurs de ne pas être pertinents pour ce qui est du niveau des élèves dans la langue étudiée. En tout état de cause l'enseignant est souvent seul dans sa classe qui comprend deux ou trois niveaux, et il convient dès lors de s'interroger sur les réponses pédagogiques qui vont permettre de mettre en place cet enseignement de façon efficace dans ces classes complexes. Si on raisonne en terme d'apprentissages strictement imbriqués, c'est à dire orientés selon une programmation totalement prévisible, le problème risque vite d'être insoluble : l'apprentissage d'une langue vivante ne se réduit pas à l'utilisation d'un vocabulaire et de structures syntaxiques qu'il conviendrait d'apprendre selon un ordre prédéterminé. Cette conception des apprentissages n'est pas totalement adaptée aux processus mis en œuvre par l'élève. C'est la pratique régulière de rebrassages chargés de sens qui permet d'aborder, des éléments syntaxiques et lexicaux toujours plus élaborés. C'est ainsi que dans une même séance il est possible de repérer des degrés divers de complexité dans l'utilisation de la langue. Le repérage fin des énoncés attendus permet de prendre conscience que bien que des contenus linguistiques permettent aisément ces modulations :
 

  En début de cycle En fin de cycle
Parler de soi ou parler d'un autre What's your name ? What's his / her name ?
Répondre à un questionnement binaire ou à un questionnement beaucoup plus ouvert

Do you live in Britain ?

Do you like chocolate ?

Where do you live ?

What do you like ?

Répondre par une forme affirmative ou par une forme négative

Can you ride a bike ?

Réponse affirmative attendue.

Can you go to the moon ?


Réponse négative attendue.

Enrichir un champ lexical par la répétition d'éléments donnés par le maître ou en ayant recours à des documents personnels Répétition d'une phrase connue.

Recherche dans un lexique, un imagier, un dictionnaire.

Le travail à l'écrit devient plus courant, et permet pendant ce temps de travailler à l'oral avec un autre groupe.


Tous ces éléments de complexification progressive des énoncés attendus permettent à l'enseignant de conduire les élèves, quel que soit leur niveau dans la classe, à participer à une séance axée sur la différenciation pédagogique  Il reste à l'enseignant à programmer l'utilisation des supports, en particulier culturels, qu'il compte mettre en place dans sa classe.

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M.A.J. le 21/11/2017